Quand le Moyen Âge rencontre l’art contemporain

(Repère I)
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Suivant la tradition des programmes architecturaux et ornementaux des châteaux, Francis Briest a réuni les plus grands artistes pour orner les salles du donjon, la chapelle, les cours et les jardins. Les créateurs qui s’exposent à Vez poursuivent l’œuvre de leurs prédécesseurs, en puisant de l’inspiration à leurs époques. Aux côtés des gisants de Frémiet ou sous la charpente de Gustave Eiffel, ils marchent ainsi dans les pas des comtes, des ducs et des rois, faisant de Vez non pas un site rassemblant des œuvres d’art, mais un site devenant œuvre. La valorisation des créations témoigne de cette volonté éclairée, non pas de faire cohabiter les époques et les styles, mais bien d’inscrire un lieu dans la dynamique de l’Histoire de l’art.

Vous l’aurez compris, le donjon de Vez est un haut-lieu de l’histoire du Valois, et un site chargé d’Histoire(s). Mais c’est aussi un temple de la création artistique, un fief de la sculpture moderne. Plus de mille ans d’art et d’architecture s’y côtoient, des pierres sculptées du Moyen Age aux alliages audacieux de l’art contemporain offrant à la contemplation un panorama des siècles à Vez.

Bernar Venet (1941)
Obliques
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Bernar Venet, né en 1941, est un artiste avant-gardiste de l’art conceptuel. C’est un art qui privilégie l’idée ou le concept d’une œuvre à son caractère esthétique. Le travail de Venet questionne la relation de l’art avec le paysage et l’architecture. L’œuvre 9 lignes obliques exposée ici invite le regard à se perdre jusqu’au ciel. En s’inscrivant dans la perspective du donjon qui se dessine en arrière-plan, la monumentalité et la verticalité de l’œuvre sont accentuées.

Lee Ufan (1936)
Relatum X
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Vez accueille une œuvre de l’artiste sud-coréen Lee Ufan. Cette sculpture relie la nature à la conscience humaine par la confrontation de la plaque d’acier, métaphore de la société industrialisée, à la pierre, symbole de la nature. Cette rencontre entre éléments naturels et industriels, et la relation qui en découle, est le concept central de ses créations. Lee Ufan n’intervient quasiment pas sur les éléments : ce sont leurs caractéristiques intrinsèques qu’il met en avant.

Tadashi Kawamata (1953)
Cabanes
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La Basse-cour, qui abritait initialement les écuries, les magasins et les réserves du château, accueille aujourd’hui une installation de l’artiste japonais Tadashi Kawamata. Né à Tokyo en 1953, reconnu sur la scène internationale, il a fait du bois son matériau de prédilection. L’œuvre in situ, suspendue dans les arbres, est emblématique du travail de l’artiste : par des constructions improbables, il modifie notre perception du lieu et nous invite à l’expérimenter différemment.

Serge Mansiau (1930-2019)
Yourte
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Le verre n’avait pas de secret pour ce designer de flacons pour les plus grands parfums. Sa « yourte » conçue en feuilles de verre thermoformé peut servir d’écrin poétique, et s’émancipe de la petite taille des flacons qu’il avait l’habitude de travailler.

Patrick Fleury (1951)
Arc Large
(Repère I bis)
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Patrick Fleury est un artiste né en 1951. Il divise l'espace pour donner une dynamique interne-externe à ses œuvres. L'Arc Large revisite la forme classique d'un cadran solaire avec une touche moderne.

Eugène Dodeigne (1923-2015)
Sans titre
(Repère I bis)
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Au contact de Brancusi, le sculpteur formule la nécessité de transmettre l’énergie de la pierre, sa tension entre surface et volume, qu’il décline dans des sculptures à la figuration expressive, c’est-à-dire représentant le visible. A son esthétique dépouillée et à son caractère sacral, Sans Titre (1997) peut évoquer un monument funéraire issu d’une civilisation originelle, dont la présence et la force symbolique sont intemporelles.

César (1921-1998)
Expansion n°1
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(Repère I bis)

Nous connaissons de César son travail sur les Compressions, réalisées au moyen d’une presse hydraulique, fruits d’un hasard ordonné par un geste sculptural renouvelé. Ses Expansions, dont l’artiste a produit six pièces uniques en fonte de fer en 1991, sont moins connues. Expansion N°1, Grosse ronde, montre un paradoxe entre mollesse de la forme et rugosité du matériau. A l’aspect aléatoire du processus créatif, se juxtapose celui de la transformation des matières dans le temps, ce qui fait de cette pièce une œuvre vivante.