
Exposition "Cabanes d'Architectes"
L’année dernière le Donjon de Vez a accueilli l’exposition « Cabanes d’architectes » où Philippe Gravier à été invité à exposer la collection d’architectures transportables dont il est l’initiateur. Certaines de ces cabanes réalisées en format monumental sont encore exposées dans les jardins du Donjon.
Éditeur de Folies, constructeur de cabanes depuis 2015, c’est un métier qu’il a inventé pour sortir l’architecture de la démesure, la mettre à portée de soi. Il la libère de l’injonction utilitaire pour la considérer comme de la sculpture et ouvrir la voie aux expérimentations.
Avec ses cabanes d’architectes, Philippe Gravier peut construire des villes avec des merveilles. Des pavillons en bois, en tulle, en verre et en acier « inondés d’air et de lumière », selon la formule de Salomon Reinach.
Ces maisons nomades entretiennent toutes un rapport empreint de lyrisme à l’architecture. Et pourtant, aucune ne ressemble à l’autre. Les cabanes éditées par Philippe Gravier sont des architectures à usage spécifique parfois non déterminé. Ce sont des cocons, des foyers.
Jamais auparavant ces cabanes n’ont été réunies. Elles trouvent au donjon de Vez non seulement un écrin remarquable entre l’architecture médiévale et le jardin de Pascal Cribier, mais aussi des résonnances avec la collection permanente, notamment la Yourte de Serge Mansau ou les Nids perchés de Tadashi Kawamata.
Il ressort une grâce de l’assemblage des matériaux bruts, une architecture anticlassique enthousiasmante en rupture avec les traditions, évoquant le poème d’Henri Michaux :
Je vous construirai une ville avec des loques, moi !
Je vous construirai sans plan et sans ciment
Un édifice que vous ne détruirez pas
Et qu’une espèce d’évidence écumante
Soutiendra et gonflera, qui viendra vous braire au nez,
Et au nez gelé de tous vos Parthénon, vos arts arabes et de vos Mings
Toutes ont en commun, en accord avec Kengo Kuma, de porter le discrédit sur la manière dont le XXème siècle a monumentalisé l’architecture au détriment de chacun et de son rapport à la nature. Le XXIème siècle sera celui des cabanes.





